Deux réactions sur le réseau mafieux de la Françafrique au sein de la justice : Mais jusqu’à quand les peuples africains opprimés supporteront-ils cette complicité de la France d’en haut ?

evajoly

Les Biens mal acquis des présidents africains de l’Afrique centrale

Communiqué d’Eva Joly, Députée européenne Europe Ecologie

Eva Joly, Députée européenne Europe Ecologie Paris, le 29 octobre 2009

La Cour d’Appel de Paris a rejeté ce matin la plainte introduite par Transparence Internationale France dans l’affaire des “biens mal acquis”, donnant raison à un Ministère public qui n’aura cessé de s’opposer à une enquête approfondie sur certains des piliers les plus importants de la “Françafrique”. C’est une décision inexcusable. Le signal qu’elle envoie est on ne peut plus clair : en France et s’agissant de l’Afrique, les intérêts de quelques-uns, que tout porte à croire corrompus et bénéficiaires de détournements massifs de fonds publics, priment sur ceux de millions d’habitants parmi les plus pauvres de la planète. On savait déjà que rien n’était fait pour aider ces populations à élire démocratiquement leurs dirigeants ; on constate en plus qu’aujourd’hui comme hier, tout est fait pour les protéger jusque sur le sol français. L’Etat se rend ainsi lui-même coupable d’un véritable recel et, pour reprendre un mot de William Bourdon, avocat de Transparence Internationale France, d’une “omerta judiciaire”. Il se retient d’agir et empêche des ONG pourtant engagées de longue date dans ces combats de le faire, alors que le doute n’est guère possible quant aux moyens utilisés par MM. Bongo, Obiang, Nguesso et leurs familles pour constituer le patrimoine qui est le leur. On pouvait pourtant espérer une issue différente. Avant même la décision du doyen des juges d’instruction que la Cour d’Appel vient d’annuler, la justice avait déjà reconnu à plusieurs reprises la légitimité d’associations à se constituer partie civile dans de semblables procédures. Cette semaine, le Tribunal correctionnel de Paris a prononcé en première instance des peines se voulant exemplaires dans un autre dossier touchant à la corruption. Chez l’un de nos plus proches voisins, en Italie, les magistrats viennent de remporter une victoire dans leur lutte contre les malversations au sommet de l’État, en récupérant des moyens légaux que certains avaient voulu leur enlever. En un seul et même arrêt, ce sont tous ces garde-fous, tous ces timides progrès – en France comme en Europe – que la Cour d’Appel ignore. Elle ignore du même coup, contrairement à l’analyse qu’en fait le Président Daniel Magdeleine, auteur de la décision, les conventions internationales engageant la France à restituer aux populations concernées les biens obtenus par la corruption et des détournements de fonds publics. Il est grand temps que le droit français évolue pour faciliter la poursuite de Chefs d’États sur lesquels pèsent de semblables soupçons. Il est grand temps aussi qu’une volonté politique émerge, au plus haut niveau de la République, pour rénover les relations que nous entretenons avec certains pays africains et prendre enfin en compte le devenir de leurs habitants.

Bien mal acquis : un avocat dénonce une “association de malfaiteurs franco-africaine”
Auteur: Agence France Presse

L’avocat de Transparence Internationale, Me William Bourdon, a dénoncé jeudi “l’association de malfaiteurs franco-africaine” après le refus de la cour d’appel de Paris d’ouvrir une enquête dans l’affaire dite des “biens mal acquis” par plusieurs chefs d’Etat africains et leur entourage

“Aujourd’hui c’est champagne pour l’association de malfaiteurs franco-africaine qui organise et tire profit du pillage des deniers publics africains”, a déclaré Me Bourdon à l’AFP
“Mais l’histoire et le droit sont les alliés des dizaines de millions d’Africains qui vont interpréter cette décision comme le retour de l’omerta judiciaire”, a-t-il ajouté, annonçant son intention de se pourvoir en cassation.

La décision de la doyenne des juges d’instruction Françoise Desset d’ouvrir une enquête en mai, contre laquelle le parquet a fait appel, était en “parfaite harmonie avec la Cour de cassation. Il est difficile d’imaginer que la Cour de cassation se déjuge”, a estimé Me Bourdon, qui ne voit dans cet arrêt de la cour d’appel qu’une “péripétie du droit”.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a jugé jeudi irrecevable la constitution de partie civile de Transparence Internationale, notamment parce qu’elle n’avait subi aucun préjudice personnel direct de la corruption qu’elle entend dénoncer.

Pour l’avocat, “la motivation de la décision a un sérieux parfum de pirouette”.

La plainte de Transparence internationale visait les conditions d’acquisition d’un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois chefs d’Etat africains – Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt chef d’Etat gabonais Omar Bongo, et certains de leurs proches.

Article publié le : 30/10/2009

C’est sans commentaires

Parce que les intérêts du gouvernements français sont placés au dessus de la vie des pauvres Africains. Pour la France des politiques, il n’y a que les intérêts qui les guident dans les relations entre la France et les autres pays du monde. Dans le cas des pays africains, la vie n’a aucun sens car tout leur appartient.

Rappelons-nous de l’esclavage, la colonisation, la néo-colonisation ou la Françafrique, la Franc-maçonnerie enracinée au sommet des états africains, les accords de défense pour faciliter les guerres civiles entre citoyens ou les coups d’état….

Pendant ce temps les Africains fuient la misère pour regagner l’Europe où ils sont Sans-papiers et renvoyés chez eux sans application des droits humains les plus élémentaires. Car l’Europe ne peut pas accueiller toutes les misères de l’Afrique !


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